La presse parle de Carlos-Hernan Gonzales

Carlos Hernan est un talentueux pianiste qui tend à se faire une place sous le ciel gris de Paris, par concerts discrets et cafés interposés.

Trop souvent l’on condamne bien vite les pianistes à n’être que de talentueux et émouvants ringards, cantonnés à cette « musique classique » si ennuyeuse et aux relents de naphtaline. Et trop souvent les personnes qui se rendent responsables d’un tel amalgame ne savent pas exactement ce qu’elles désignent par cet infâmant classique qu’elles mettent au dos de musique. Le classique n’est pas tout à fait tout ce qui n’est pas de la guitare, et ce noble instrument smocké qu’est le piano ne se morfond pas tous les soirs après un récital de Schubert, maudissant le jour où les dieux cruels l’ont voué à ne jouer que des berceuses désuètes. Le classique c’est chouette comme tout, et puis ce qui est bien, c’est qu’en tant que période allant du milieu du XVIIIème siècle à la fin du romantisme musicale, c’est plutôt varié. Ne mâchons pas les chats qui s’appellent des chats.

Carlos Hernan est né à Lima, au Pérou, en 1976. A onze ans, il suit la voie de son grand père Lorenzo Humberto Sotomayor, pianiste et compositeur très illustre, en commençant les cours de piano. Au fil de multiples diplômes, il se voit de plus en plus se diriger vers le business de la musique, et de moins en moins vers la composition. Après un emploi chez Sony Music aux Etats-Unis, et la participation à l’éclosion de petits noms en passant, tels que Shakira ou Jennifer Lopez, il décide de tout quitter et retourne à la terre de ses ancêtres pour se refaire un shakra correct. Auprès de Marina Pavlovna, professeure de musique et pianiste russe, il réapprend la pratique de l’instrument en se concentrant sur l’expression et la transmission de ses émotions, plutôt que sur la démonstration de dextérité. A partir de 2002, un an après le début de cette renaissance, les succès s’enchaînent et s’accélèrent ; en  2004 paraît son premier album Marina Tremolo et en 2005 il s’installe à Paris. Depuis il se fraie calmement un chemin entre concerts en salles ou en cafés et autres évènements souvent parisiens ; il prépare aussi un second album.

Carlos Hernan, trente-sept ans et pas de DeLorean grise améliorée déclarée, ne joue pas de la musique classique. En pianiste talentueux sur lequel on ne tirera pas, il a su piocher diverses influences dans un répertoire long comme le bras de l’homme élastique, celui du piano. Faire du classique aujourd’hui serait comme peindre des bœufs à cornes avec de la moëlle d’os dans les tunnels du métro, anachronique, enfermé et peu impressionnant. Carlos Hernan, visiblement marqué par la période romantique, apporte à cette musique un souffle nouveau, une modernité très louable, qui attestent de son talent et de sa personnalité. Sa rythmique très appuyée manque parfois un peu de subtilité, ses mélodies assez simples laissent lire très facilement leurs émotions. Carlos ne joue pas du classique, mais du Hernan. Et de cela, réjouissons-nous.


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